Dès le mois de novembre, la Clinique Saint-Luc Bouge va lancer des ateliers de réhabilitation cognitive ‘Au fil de la mémoire’ pour les personnes atteintes de formes légères de maladie dAlzheimer ou de démence apparentée et pour leur aidant proche. Les objectifs affichés par le Dr Christelle El Kahi, la gériatre initiatrice de ces ateliers, sont clairs : préserver le maintien à domicile en maximisant les capacités restantes du patient et soutenir l’aidant proche, et ce, en appui du travail mené par le médecin généraliste. Dans le cadre du développement de l’activité de l’hôpital de jour gériatrique (HJG) de la Clinique Saint-Luc Bouge, le projet de réhabilitation cognitive est né du constat d’un besoin parmi les patients.
« L’HJG fait partie du programme de soins gériatriques qui a pour objectif, en plus des différents bilans diagnostiques, notamment de préserver au maximum l’autonomie de la personne et son maintien au quotidien, via la réhabilitation pluridisciplinaire, que ce soit sur le plan physique, fonctionnel, cognitif, …», rapporte le Dr El Kahi.
Des ateliers pour qui ?
« Ces ateliers s’adressent aux personnes âgées, qui sont toujours au domicile avec leur aidant, et qui ont reçu un diagnostic récemment de maladie de la mémoire (Alzheimer ou une démence apparentée) à un stade léger ou modéré », précise la gériatre.
Il s’agit de huit séances de deux heures, où les patients sont réunis en un groupe et les aidants proches en un second groupe. Le groupe des patients est pris en charge par une ergothérapeute et une neuropsychologue tandis que le groupe des aidants proches est animé par deux neuropsychologues. Ces séances sont précédées d’un entretien du patient, puis de son aidant proche, avec une neuropsychologue afin d’identifier les besoins et de cadrer les objectifs.
« Le patient peut être référé par son médecin généraliste », appuie Christelle El Kahi. « Par ailleurs, le gériatre peut aussi proposer les ateliers en consultation aux patients qui répondent aux critères de participation. Nos confrères neurologues peuvent également proposer ces ateliers à leurs patients car ils les voient souvent à un stade plus précoce de la maladie. Et enfin, le patient et son aidant peuvent nous contacter de leur propre initiative ».
Le médecin généraliste : un maillon essentiel tout au long de la maladie
« Le médecin généraliste a bien sûr un rôle essentiel dans la détection et la prise en charge de la maladie d’Alzheimer et des démences apparentées. Il est souvent le premier professionnel de la santé à détecter les petits oublis et à proposer la réalisation d’un bilan mémoire à l’HJG. Notre objectif est de pouvoir détecter ces maladies à un stade débutant, qui est le moment opportun pour intégrer le patient et son aidant dans nos ateliers », relève la gériatre.
Par ailleurs, le médecin généraliste a aussi un rôle de premier plan dans la détection de la souffrance de l’aidant : « L’aidant proche peut parfois consulter pour ses propres problèmes de fatigue, de sommeil, de concentration, … qui sont l’expression d’un épuisement lié à son rôle d’aidant. Cela va alors dans certains cas mener le médecin généraliste à proposer de rencontrer aussi le patient chez qui il existe une suspicion de démence, à identifier des premiers troubles et à proposer une évaluation plus complète et éventuellement de participer à ces ateliers », commente le Dr El Kahi.
« Le médecin généraliste assure donc un rôle central de continuité, en partant de la détection des premiers signes de démence, jusqu’à l’établissement du diagnostic et le suivi du patient tout au long de sa maladie. Nous passons ainsi d’une prise en charge centrée sur la maladie à une prise en charge du binôme patient/aidant proche », poursuit-elle.
Des résultats démontrés dans la littérature
Ce type d’ateliers existe déjà ailleurs et a fait ses preuves : « Des études ont montré que les bénéfices sont déjà observés immédiatement après les séances jusqu’à trois mois à un an plus tard», rapporte Christelle El Kahi.
Et la gériatre d’ajouter : « On voit que ces ateliers permettent de calmer l’anxiété de l’aidant, de maintenir certaines capacités cognitives du patient grâce à des stratégies de compensation proposées, d’augmenter sa participation dans la vie quotidienne, de renforcer sa confiance en lui, de le maintenir à domicile, … ».
Une collaboration avec PsyNAM
Ce projet est le fruit d’une collaboration entre la Clinique Saint-Luc Bouge et PsyNAM, un réseau de psychologues de première ligne, qui promeut notamment l’accompagnement individuel ou de groupe de patients atteints de démence légère à modérée et de leurs proches. Le cycle de huit séances est financé en partie par PsyNAM et une participation de 20 euros est demandée aux patients. Le lancement du premier cycle est prévu début novembre.