Depuis début du mois, les patients de la Clinique Saint-Luc Bouge peuvent bénéficier d’un scanner à comptage photonique dernière génération. Il s’agit du NAEOTOM Alpha Pro, un scanner premier de ce type en Wallonie. Avec cette nouvelle technologie, accompagnée d’un logiciel d’IA spécifique à la cardiologie, l’institution entend continuer à innover et renforcer encore sa position avant-gardiste en cardiologie, comme le souligne le Dr Frédéric Alexis, radiologue cardio-vasculaire à la Clinique, qui s’intéresse à cette nouvelle technologie depuis ses balbutiements.

Dans le monde, il existe entre 500 et 600 scanners à comptage photonique. La Belgique en compte sept1, dont dorénavant deux en Wallonie. La Clinique Saint-Luc Bouge vient d’acquérir le premier scanner de la nouvelle gamme, à savoir le NAEOTOM Alpha Pro. Selon le Dr Alexis, le scanner à comptage photonique constitue clairement une évolution de rupture.

« Sur un scanner conventionnel, l’os et une artère chargée de produit de contraste iodé peuvent apparaître avec une blancheur très proche, car les deux atténuent fortement les rayons X. Avec un scanner à comptage photonique, l’appareil détecte que le calcium et l’iode n’atténuent pas les rayons de la même façon selon leur énergie, un peu comme deux filtres colorés laisseraient passer des couleurs différentes. Il peut alors distinguer nettement l’os du produit de contraste, là où le scanner classique ne voyait qu’une seule nuance de gris », explique le radiologue.

La perle rare pour la cardiologie

En étant le premier hôpital belge à acquérir le Coronary Cockpit, un logiciel d’intelligence artificielle qui analyse l’anatomie des artères coronaires, identifie le type de plaque d’athérmatose, donne une quantification du volume de la plaque d’athérome, la Clinique Saint-Luc Bouge entend encore renforcer sa position avant-gardiste en cardiologie.

« On sait aujourd’hui que le risque qu’a un patient de faire un événement cardiaque est corrélé au volume de la plaque. Il est donc particulièrement intéressant de disposer d’une machine qui, en plus de pouvoir indiquer un degré très précis de sténose, peut quantifier la plaque d’athérome », rapporte le Dr Alexis. « Et chez les porteurs de stents qui représentent des symptômes, on utilise ce nouveau scanner qui limite les artefacts métalliques et qui nous permet donc de voir dans le stent, même quand il s’agit de tous petits vaisseaux de 2 mm ».

Moins d’examens invasifs

Par ailleurs, cette nouvelle machine va permettre in fine de réduire le nombre d’examens inutiles : « Dans un scanner traditionnel, lorsque le rayon X rencontre quelque chose de très calcifié, il génère une image un peu plus grosse que l’image réelle. Cela majore donc la taille de la lésion et le degré de sténose , ce qui peut induire des coronarographies inutiles. Désormais, grâce à ce scanner, on va pouvoir dégrader les sténoses et donc diminuer le nombre d’examens invasifs. On a donc une amélioration de l’efficience et une diminution des coûts. Et aujourd’hui, des études nous permettent de dire que les patients qui ont un scanner normal ne doivent pas en refaire avant cinq ans et ne doivent pas nécessairement prendre de médicaments préventifs », déclare le radiologue.

En plus d’être très précis au niveau du diagnostic, le Coronary Cockpit permet de guider le geste thérapeutique du cardiologue interventionnel : « En effet, grâce à cette machine, nos collègues cardiologues interventionnels pourront choisir leur matériel de manière très précise (type de stent, calibre du stent, …) sans devoir faire une angiographie », ajoute le Dr Alexis. « Il sera même possible que la salle de cardiologie interventionnelle extraie ces données pour les mettre sur leur écran afin d’avoir un guidage par l’examen initial ».

Et bien d’autres secteurs encore

Par ailleurs, de nombreux autres secteurs vont bénéficier des avantages du nouveau scanner, comme l’indique Frédéric Alexis : « Pour l’imagerie du thorax, on va profiter de la diminution de dose et de l’augmentation de la finesse des images, par exemple dans la détection de la fibrose. En neurologie, les petits anévrysmes vont bénéficier de la finesse de l’image. En oncologie abdominale, la machine va permettre de mieux détecter de petites métastases. En orthopédie, en plus de repérer de petites fractures, on va, grâce à la caractérisation des tissus, pouvoir détecter l’œdème dans les tissus. Et ce ne sont là que quelques exemples. Bref, ce nouveau scanner va nous permettre d’être encore plus performants et d’optimiser les prises en charge dans bien des disciplines ».

La Clinique Saint-Luc Bouge propose déjà des plages de scanner une soirée par semaine. Dans les prochaines semaines, elle va augmenter cette disponibilité à deux soirs par semaine, principalement pour les scanners coronaires.

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