Chaque année, le 4 mars, la Journée mondiale contre l’obésité est l’occasion de rappeler une réalité essentielle : l’obésité est une maladie chronique reconnue par les autorités de santé.
L’obésité est encore trop mal comprise
Le Dr Charloteaux insiste sur ce point : « On réduit encore trop souvent l’obésité à une simple question de volonté. La réalité médicale est bien plus complexe et implique de nombreux facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux. »
Aujourd’hui, l’obésité concerne un nombre croissant de personnes dans le monde et en Belgique. Elle peut entraîner plusieurs complications. Elle augmente fortement le risque de maladies cardiovasculaires comme l’hypertension, l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral. Elle favorise également le diabète de type 2, les troubles du cholestérol et les maladies du foie, notamment le “foie gras”. Elle peut aussi entraîner des difficultés respiratoires, comme les apnées du sommeil, ainsi que des douleurs articulaires liées à la surcharge sur les genoux, les hanches et le dos.
Par ailleurs, l’obésité est associée à un risque accru de certains cancers (sein après la ménopause, côlon, foie, endomètre) et peut avoir un impact sur la fertilité.
Au-delà des complications physiques, elle peut affecter la santé mentale, avec une augmentation du risque de dépression, d’anxiété et de stigmatisation sociale.
Une maladie multifactorielle
Contrairement aux idées reçues, l’obésité ne s’explique pas uniquement par l’alimentation.
« L’obésité est le résultat d’une interaction entre plusieurs facteurs : génétiques, hormonaux, psychologiques et environnementaux. Chaque patient arrive avec une histoire différente et un contexte de vie particulier », explique le Dr Charloteaux.
Parmi les facteurs qui peuvent intervenir :
- des facteurs génétiques
- des déséquilibres hormonaux
- des facteurs psychologiques
- l’environnement social et professionnel
- le niveau d’activité physique
- certains traitements médicaux
Cette complexité explique pourquoi la prise en charge de l’obésité nécessite une approche globale et individualisée.
Une prise en charge centrée sur la santé
En consultation, la prise en charge ne se limite pas à la perte de poids.
« L’objectif n’est pas seulement de faire baisser un chiffre sur la balance », souligne le Dr Charloteaux. « Nous cherchons surtout à améliorer la santé globale, la qualité de vie et à réduire les risques de complications. »
La prise en charge vise notamment à :
- améliorer la santé globale
- réduire les risques de complications
- retrouver un meilleur bien-être physique et psychologique
- mettre en place des changements durables dans le mode de vie
Elle s’inscrit souvent dans une approche multidisciplinaire impliquant différents professionnels de santé : médecins, diététiciens, psychologues, kinésithérapeutes ou spécialistes de l’activité physique adaptée.
L’importance d’une approche bienveillante
L’obésité reste encore aujourd’hui entourée de nombreux préjugés.
Pour le Dr Charloteaux, la bienveillance est essentielle : « La culpabilisation n’aide pas les patients. Au contraire, elle peut les éloigner des soins. L’accompagnement doit être basé sur l’écoute, la compréhension et la confiance. »
Chaque patient mérite un accompagnement respectueux et personnalisé.
Une journée pour sensibiliser
La Journée mondiale contre l’obésité permet de rappeler l’importance de la prévention et d’une meilleure compréhension de cette maladie.
« Parler de l’obésité, expliquer ses mécanismes et rappeler qu’il s’agit d’une maladie est essentiel pour faire évoluer les regards », conclut le Dr Charloteaux.