Depuis quelques mois, la Clinique Saint-Luc Bouge a mis en place un « FastTrack » en psychiatrie, c’est-à-dire une ligne téléphonique directe à destination des médecins généralistes. De quoi s’agit-il ? Le Dr Alexandre Bage, psychiatre à la Clinique Saint-Luc Bouge, nous explique le fonctionnement de ce service aux médecins généralistes et ses avantages.
La genèse de ce projet est assez simple : « Partout en Belgique, les délais d’attente en psychiatrie, que ce soit en ambulatoire ou en hospitalisation, explosent. Par conséquent, de plus en plus de patients arrivent dans les services d’Urgences hospitaliers démunis, en espérant être pris en charge plus rapidement. Ce n’est bien sûr pas la meilleure des solutions pour ces patients. D’où l’institution a réfléchi à un dispositif qui pourrait améliorer la situation », indique le Dr Alexandre Bage.
Faciliter l’accès aux médecins généralistes
« Le constat était flagrant : nos Urgences étaient saturées de patients envoyés par leur médecin généraliste pour des raisons psychiatriques. Par ailleurs, nos confrères généralistes avaient peu accès de manière directe à un avis psychiatrique, ce qui expliquait le recours aux services d’Urgences comme solution », poursuite le Dr Bage.
Dans ce contexte, la Clinique Saint-Luc Bouge a décidé de mettre sur pied un « FastTrack » en psychiatrie en vue d’améliorer l’accessibilité des soins psychiatriques aux médecins généralistes.
Une aide multiple
Ce « FastTrack » relie ainsi les médecins généralistes à un psychiatre de l’institution via un numéro direct : 081/71.65.64, et ce, les jours ouvrables de 9h à 17h. « Le généraliste qui compose ce numéro tombe sur le psychiatre de garde, c’est-à-dire l’un des trois psychiatres de la Clinique », précise Alexandre Bage.
Cette ligne peut être utile aux médecins généralistes dans plusieurs cas de figure : orientation vers une hospitalisation ou une consultation spécialisée, avis d’un psychiatre par rapport à la prescription d’un médicament, question par rapport aux indications d’un traitement, posologie, ajustement thérapeutique d’un psychotrope, décompensation psychiatrique débutante, question diagnostique (ex. : dépression versus trouble bipolaire, anxiété sévère, …), situations suicidaires ambiguës, coordination soins somatiques/psychiatriques, patients difficiles à orienter, …
Un concept qui séduit
Si ce dispositif est encore tout récent à la Clinique, il a déjà fait ses preuves et est prisé par les médecins généralistes. « Premièrement, le « FastTrack » permet à nos confrères généralistes de rentrer beaucoup plus facilement en contact avec nous, psychiatres. Deuxièmement, il permet de mieux structurer les prises en charge puisqu’elles partent d’une concertation entre les deux médecins, dont le médecin généraliste qui connaît le mieux son patient. Celui-ci bénéficie donc d’une prise en charge beaucoup plus adaptée à ses besoins. Troisièmement, il contribue à répondre à l’un des objectifs du projet qui est de désengorger nos services d’Urgences », rapporte le Dr Bage.
Et pour éviter tout malentendu, le psychiatre clarifie ce que le FastTrack n’est pas : « Il ne s’agit pas d’un numéro d’urgence psychiatrique en tant que tel (bien qu’il puisse apporter des solutions en situation d’urgence). Ce n’est ni un accès direct patient ni une hotline administrative ».
« Clairement, il s’agit d’un concept qui séduit les médecins généralistes. La demande est là. Et cela ne nous étonne pas puisque nous savons que dans 8 cas sur 10, les patients qui se présentent à nos Urgences pour une aide psychiatrique, sont envoyés par leur médecin généraliste », relève le Dr Bage.
Bref, les patients sont pris en charge plus rapidement et de manière optimale, ce qui accroît le sentiment de cohérence et de sécurité qu’ils ressentent. Tout le monde en sort gagnant.