MoveUp, la révolution digitale du suivi orthopédique
Un an après sa mise en place, l’application MoveUp a transformé la prise en charge des patients opérés de la hanche et du genou. Entre innovation technologique et accompagnement humain, ce projet séduit tant les soignants que les patients.
Depuis septembre 2024, la Clinique Saint-Luc Bouge propose aux patients opérés d’une prothèse de genou ou de hanche un suivi digital innovant via l’application MoveUp. Cette innovation s’inscrit dans le cadre du projet national EnOrtho, lancé par le SPF Santé publique. Ce programme, mené conjointement avec la société belge MoveUp, vise à digitaliser le trajet de soins en orthopédie et à améliorer le suivi postopératoire.
En un an, 151 patients ont déjà bénéficié de ce dispositif à la Clinique Saint-Luc Bouge, ce qui en fait l’établissement le plus actif parmi les six hôpitaux participants. Un résultat dont se félicite le Dr Jérémy Daxhelet, chirurgien orthopédique : « C’est un outil précieux qui nous permet de suivre de manière objective l’évolution des patients après leur opération. On peut enfin mesurer nos résultats, comprendre ce qui fonctionne bien et ce qui peut être amélioré. »

Dr Jérémy Daxhelet, chirurgien orthopédique
Le digital et l’humain : duo gagnant
Concrètement, l’application MoveUp accompagne le patient dès son retour à domicile. Chaque jour, celui-ci y renseigne son niveau de douleur, son degré de mobilité et d’autres indicateurs de récupération. Il peut également poser des questions ou signaler un problème directement via l’application.
Mais au-delà de l’outil numérique, c’est la présence d’un accompagnement humain qui fait toute la différence. « La technologie seule ne suffit pas », explique le Dr Jérémy Daxhelet.
« Ce qui a vraiment changé les choses, c’est d’avoir, derrière l’application, une coordinatrice qui contacte chaque patient, l’aide à installer l’application, l’écoute et assure le lien avec les chirurgiens. Les patients savent qu’il y a quelqu’un derrière l’écran, que ce n’est pas seulement un algorithme. »
Cette présence humaine, incarnée par Émilie, la coordinatrice du projet, s’est révélée déterminante. Dans une précédente tentative, en 2018, les patients recevaient simplement un folder explicatif. Résultat : seuls 20 à 25 % d’entre eux poursuivaient le suivi. Aujourd’hui, le taux de participation avoisine les 80 %, preuve que le binôme humain-digital est gagnant.
L’un des grands atouts de MoveUp est aussi de rompre l’isolement postopératoire. De retour chez eux, les patients peuvent continuer leur rééducation tout en se sentant soutenus. L’application leur propose des exercices personnalisés, à réaliser en complément de leurs séances de kinésithérapie. Selon le Dr Jérémy Daxhelet, cette approche a un impact réel sur la récupération : « Les patients récupèrent plus vite, rentrent chez eux dans de meilleures conditions et se sentent en sécurité. L’application les motive aussi à bouger davantage, ce qui favorise une convalescence plus active. »
Meilleure communication, meilleure réactivité
Cette surveillance à distance permet de réagir rapidement en cas de problème et d’éviter des complications ou des réhospitalisations. Elle fluidifie également la communication entre les soignants : chirurgiens, kinés, infirmiers et coordinateurs partagent les mêmes informations en temps réel.
La réussite du projet repose aussi sur une forte mobilisation interne. Chirurgiens, kinésithérapeutes, coordinateurs et informaticiens ont travaillé main dans la main pour intégrer l’application au parcours de soins. Chaque nouveau patient est accompagné dès la consultation préopératoire, et le personnel soignant est formé pour répondre à ses questions. « C’est un vrai travail d’équipe », reconnaît le Dr Daxhelet.
« Et c’est aussi une fierté : être pionnier dans un projet national, et surtout voir que ça améliore concrètement la vie des patients. »
Un avenir en discussion
Le financement initial du projet, prévu pour 18 mois, arrive à son terme. Mais les équipes peuvent compter sur un réel soutien de la direction, confie le Dr Jérémy Daxhelet. « La direction a récemment acté la poursuite de ce projet jusque fin 2027, avec en plus son implémentation pour la colonne. »
L’objectif est donc clair : pérenniser le dispositif et l’étendre à d’autres spécialités. Après la hanche, le genou et la chirurgie de la colonne, l’équipe souhaite également inclure les prothèses d’épaule. « Ce suivi ne doit en outre pas rester cantonné à l’orthopédie », estime le chirurgien. « Il pourrait être appliqué à d’autres domaines, comme la chirurgie digestive, cardiaque ou vasculaire. C’est toute la médecine qui a intérêt à évaluer ses résultats. Dire que ça marche ne suffit plus : il faut des chiffres pour le prouver. Grâce à MoveUp, nous avons ces chiffres, et ils nous aident à progresser. »
La Clinique Saint-Luc Bouge, déjà engagée dans plusieurs projets d’innovation numérique, voit donc en MoveUp un modèle reproductible. Les retombées positives, tant médicales qu’humaines, plaident pour une généralisation de ce type de dispositif. « Tout le monde y gagne : les patients, les soignants, la clinique et, à terme, le système de santé. C’est une nouvelle manière de soigner, plus proche, plus mesurable, plus efficace », conclut le Dr Jérémy Daxhelet.
Des données précieuses pour améliorer les soins
MoveUp n’est pas seulement un outil de communication : c’est aussi une source de données cliniques précieuses. Les informations collectées permettent de calculer les PROMs (Patient-Reported Outcome Measures), des indicateurs standardisés qui mesurent la qualité de vie et la satisfaction après l’opération.
« Ces données sont essentielles », souligne le Dr Daxhelet. « On ne peut plus se contenter de dire “ça fonctionne bien” sans preuves objectives. À la Clinique Saint-Luc Bouge, les premiers résultats montrent des scores cliniques et PROMs au-dessus de la moyenne, ce qui est un signal positif. Grâce à MoveUp, nous avons une vision claire de l’efficacité de nos traitements, nous identifions plus facilement ce qui ne fonctionne pas et ce que nous pouvons améliorer. »
Un service toujours à la pointe
Le service de chirurgie orthopédique de la Clinique Saint-Luc Bouge est reconnu comme l’un des plus performants de Belgique. Ce projet MoveUp s’inscrit dans une volonté de proposer toujours des soins d’excellence reposant sur des équipes formées aux dernières technologies.
Le développement de l’activité comprend notamment l’implémentation du robot chirurgical, qui se marie parfaitement avec MoveUp. Dans ce contexte d’amélioration continue, le Dr Gérard Delfosse, chirurgien orthopédique spécialisé dans la hanche et le genou, est venu renforcer le service depuis novembre 2025.