Une deuxième unité de Gériatrie à la Clinique Saint-Luc Bouge
Il n’est pas toujours simple d’obtenir une place dans un service de Gériatrie pour un patient, d’autant plus en ces mois d’hiver. Vous devriez maintenant voir du changement. À la Clinique Saint-Luc Bouge, deux nouveaux gériatres ont pu être recrutés malgré la pénurie, si bien qu’une nouvelle salle d’hospitalisation de Gériatrie a ouvert ses portes en octobre.
Engagée pour gérer cette nouvelle unité, le Dr Christelle El Kahi, gériatre responsable de cette nouvelle unité, explique les raisons qui ont poussé l’hôpital à ouvrir celle-ci : « La population est de plus en plus vieillissante. Il existe une demande importante en lits gériatriques partout dans le pays, et tout particulièrement en région namuroise. L’idée était donc d’éviter au maximum de devoir transférer des patients qui arrivent aux Urgences chez nous dans d’autres hôpitaux par manque de places et d’offrir une qualité de soins maximale aux personnes âgées hospitalisées».
26 lits supplémentaires de gériatrie
Jusqu’il y a peu, la Clinique Saint-Luc Bouge comptait une unité de 30 lits de gériatrie. Désormais, une deuxième unité de 26 lits de gériatrie est venue s’ajouter. Autre changement : sur les 30 lits de la première unité, quatre lits sont désormais dédiés à l’activité de l’hôpital de jour gériatrique, ce qui lui permet désormais d’ouvrir deux fois par semaine au lieu d’une fois par semaine et de répondre plus rapidement aux demandes des médecins généralistes d’effectuer les différents bilans à l’hôpital de jour gériatrique comme les bilans mémoire, les bilans de chute ou d’amaigrissement, …
Quant aux 26 lits de la deuxième unité, il s’agit de lits de médecine et de chirurgie qui ont été reconvertis en lits de gériatrie. « Notre volonté est d’y accueillir – outre des patients de plus de 75 ans ayant un profil gériatrique fragile et admis pour des décompensations aiguës – également des patients de plus de 75 ans qui viennent d’être opérés ou qui ont une intervention chirurgicale programmée et qui présentent une fragilité gériatrique nécessitant une collaboration étroite médicale et chirurgicale post-opératoire. Nous pourrons ainsi les suivre de façon plus rapprochée afin d’une part, d’anticiper et de réduire au maximum le risque de complications post-opératoires et le déclin fonctionnel post-opératoire et d’autre part, de mettre en place les mesures nécessaires pour réduire le séjour hospitalier et permettre un maintien à domicile le plus longtemps possible », commente le Dr El Kahi.
Et la gériatre d’ajouter : « Tout ceci implique de développer, en plus d’une collaboration rapprochée avec les médecins généralistes et les chirurgiens, des consultations préopératoires avec le gériatre. Une fois opérés, ces patients sont hospitalisés en Gériatrie pour un suivi chirurgical et médical, axé sur les fragilités de la personne âgée et la prévention de l’apparition ou l’aggravation des syndromes gériatriques comme la perte d’indépendance fonctionnelle, la dénutrition, la confusion aiguë, … ».
Du personnel qualifié
Cela dit, il est bien connu qu’il n’est pas simple de recruter des gériatres. « Grâce à notre nouveau projet ambitieux, nous sommes heureux d’avoir pu attirer de nouveaux gériatres de qualité. À la cheffe de service, le Dr Lusafia Kibambo, et au Dr Christelle El Kahi, responsable de la nouvelle unité, va venir s’ajouter dès janvier un troisième gériatre, le Dr Nathan Gomrée pour compléter l’équipe », indique le Dr Eric Deflandre, directeur médical de la Clinique Saint-Luc Bouge.
Qui dit gériatrie, dit multidisciplinarité. Ces gériatres travaillent en étroite collaboration avec deux médecins généralistes, des infirmiers formés à la gériatrie, des kinésithérapeutes, des logopèdes, des ergothérapeutes, des neuropsychologues, des assistantes sociales et des diététiciennes.
D’autres projets en cours d’élaboration
L’ouverture de cette nouvelle unité s’inscrit dans une volonté plus large de l’institution de développer la Gériatrie de manière générale : « Nous avons différents projets dont celui de développer plus amplement l’hôpital de jour gériatrique, la liaison gériatrique interne auprès des patients âgés hospitalisés auprès des autres services de médecine et de chirurgie, l’avis d’un médecin gériatre aux Urgences, les consultations gériatriques ou encore les consultations en MR/MRS. L’idée à terme est aussi de développer une consultation de prévention et de dépistage précoce des fragilités, thème qui me tient à cœur et pour lequel j’ai suivi plusieurs formations », rapporte le Dr El Kahi.
La gériatrie d’aujourd’hui est axée sur l’élaboration d’un plan de soins personnalisé dont le patient est l’acteur proactif qui participe aux décisions liées à sa prise en charge. Ceci implique une collaboration étroite entre le gériatre et le médecin généraliste afin d’assurer une bonne continuité des soins et un maintien au domicile.
La gériatre entend aussi transmettre une image qui se veut plus positive de la Gériatrie : «L’image associée au vieillissement est de plus en plus positive et optimiste. On parle du Bien Vieillir, du Vieillissement réussi et du Vieillissement en bonne santé. Aujourd’hui, la Gériatrie s’adresse aussi à des personnes autonomes, la tête encore pleine de projets».