Ophtalmologie : La vitrectomie désormais possible à la Clinique Saint-Luc Bouge
Depuis septembre, la Clinique Saint-Luc Bouge a rejoint les hôpitaux qui proposent la chirurgie vitréo-rétinienne ou vitrectomie. Cette technique ayant considérablement évolué, elle se fait aujourd’hui dans la majorité des cas en hôpital de jour sous anesthésie locale. Quel est votre rôle en tant que médecin généraliste ? Eléments de réponse avec le Dr Gregory Laruelle, ophtalmologue formé à cette intervention à La Haye aux-Pays-Bas l’année dernière et qui avait rejoint la Clinique Saint-Luc Bouge déjà en 2022.
La vitrectomie est une technique de chirurgie intra-oculaire pour le segment postérieur. « Elle s’applique d’une part, à des indications électives telles que certaines maculopathies comme le trou maculaire ou les membranes épimaculaires, ou certaines chirurgies de la cataracte qui doivent être reprises en raison de complications, et d’autre part, à des indications urgentes telles que le décollement de la rétine ou certains traumatismes oculaires sévères », rapporte le Dr Laruelle.
De plus en plus sous anesthésie locale
La chirurgie vitréo-rétinienne se pratique en accédant à l’intérieur de l’œil par le blanc (la sclère) à l’aide d’instruments très fins, introduits par des trocarts. Contrairement à la chirurgie de la cataracte, qui passe par la cornée, cette technique permet d’agir notamment sur les zones plus profondes de l’œil (le segment postérieur). Grâce à l’évolution technologique, cette technique est devenue moins invasive et peut donc être réalisée en hôpital de jour.
De plus en plus, le chirurgien la propose sous anesthésie locale : « En effet, c’est mieux pour le patient et cela ne change pas grand-chose pour nous. Cela dit, pour des chirurgies longues et complexes, ou des patients anxieux, l’anesthésie générale est toujours une option de choix ».
Il n’y a pas de contre-indication à cette technique. Même la prise d’anticoagulants n’en est pas une comme l’indique l’ophtalmologue : « Pour certains types d’anticoagulants comme le Sintrom®, nous réalisons un dosage avant l’intervention pour être certains que le patient ne soit pas surdosé. Mais sinon, de manière générale, la prise d’anticoagulants ne pose pas de souci puisque l’intervention doit souvent se faire en urgence ».
Un suivi précieux par le médecin généraliste
Après l’intervention, les patients sont rapidement revus par le chirurgien. Mais dans l’intervalle, il est intéressant que le médecin généraliste puisse assurer le suivi et répondre aux questions des patients.
« Après une vitrectomie, les patients doivent appliquer des gouttes ophtalmiques, souvent une combinaison d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et de corticoïdes, pendant quelques semaines. La plupart des patients quittent la salle d’opération avec une bulle d’air dans l’œil, ce qui fait qu’ils ne voient presque rien, hormis des ombres. C’est tout à fait normal. Que le blanc de l’œil soit rouge, c’est aussi normal car la conjonctive que nous traversons avec nos trocarts est un tissu vascularisé », explique Gregory Laruelle.
« Par contre, ce qui doit alerter le médecin généraliste, ce sont les signes d’infection intra-oculaire tels qu’un œil rouge douloureux avec perte progressive de vision ou des problèmes de tension intra-oculaire qui se manifeste également par une rougeur et une douleur oculaire souvent irradiante éventuellement accompagnée de nausées », poursuit l’ophtalmologue.
La récupération visuelle prend ensuite de quelques jours à quelques mois, en fonction de la pathologie et du type de traitement appliqué (air, gaz ou silicone injecté dans l’œil, notamment).
En collaboration avec les Cliniques universitaires Saint-Luc
Des plages sont prévues pour réaliser des vitrectomies à la Clinique Saint-Luc Bouge trois fois par semaine, à savoir le lundi, le mercredi et le vendredi. « Comme cette intervention doit parfois avoir lieu dans l’urgence, c’est un avantage de pouvoir la réaliser trois fois par semaine. Et si le patient doit subir une vitrectomie d’urgence un autre jour, il sera référé aux Cliniques universitaires Saint-Luc, où je travaille les deux autres jours de la semaine en collaboration avec d’autres chirurgiens vitréo-rétiniens. Ainsi, la continuité des soins est garantie. Certains cas particulièrement complexes sont pris en charge là-bas également de manière à en discuter, voire à opérer en équipe », souligne le Dr Laruelle.
Cette chirurgie qui nécessite une formation complémentaire, dans la plupart des cas à l’étranger, et un matériel spécifique vient ainsi enrichir l’offre de soins proposée en ophtalmologie à la Clinique Saint-Luc Bouge.