Immersion dans l’unité des soins intensifs de la Clinique Saint-Luc Bouge.
Pour beaucoup, les soins intensifs se résument à des machines high-techs, des alarmes et une ambiance de séries médicales. Or, la réalité est plus nuancée. À la Clinique Saint-Luc Bouge, l’unité des soins intensifs (USI) est à la fois un lieu de haute technicité et un espace où l’accompagnement humain, tant du patient que de sa famille, occupe une place essentielle comme l’explique le Dr Philippe Ruyffelaere, chef du service. «Les soins intensifs accueillent des patients dont les fonctions vitales (cœur, respiration, circulation) sont fragilisées ou menacées. Cela peut survenir après une intervention lourde, un accident ou une dégradation de l’état de santé. Les patients que nous recevons sont souvent instables et nécessitent une surveillance permanente. Ici, la prise en charge est assurée 24h/24, 7j/7, par une équipe médicale et infirmière spécialisée.»
Entre technologie et humanité
Pour assurer cette surveillance continue, les soins intensifs reposent sur des équipements de pointe : respirateurs, monitoring cardiaque, parfois même circulation extracorporelle. Mais les soignants insistent : «on peut travailler avec une machine en panne, mais on ne peut pas travailler sans infirmiers », rappelle le Dr Philippe Ruyffelaere. «Derrière la haute technicité, il y a surtout de l’humanité», poursuit Marie-Agnès Deneyer, infirmière en chef du service des soins intensifs. «La présence des proches est d’ailleurs désormais considérée comme un véritable soutien thérapeutique. Le patient progresse mieux si sa famille est apaisée et présente.» Le/la psychologue joue ainsi un rôle clé, notamment dans l’accompagnement en cas de séjour prolongé ou de situations de fin de vie. Selon le cas, à la demande de la famille ou du patient, la visite des enfants peut également être organisée. Et tout est fait pour préparer au mieux cette rencontre souvent impressionnante. «Le coeur de notre mission, c’est de stabiliser et de préserver les fonctions vitales des patients mais aussi d’accompagner, de rassurer et de préparer le patient et sa famille à la suite du parcours de soins. Nous sommes une sorte de tremplin vers la guérison», poursuit l’infirmière en chef.
Cette prise en charge est assurée par une équipe pluridisciplinaire composée de médecins réanimateurs, d’infirmiers et d’aides-soignants, de kinésithérapeutes, d’aides logistiques et de secrétaires, de psychologue et de nombreux autres spécialistes (cardiologues, gastro-entérologues, diététiciennes, assistantes sociales, etc.). Cette approche multidisciplinaire s’est récemment fortement renforcée : logopèdes, psychologues et kinés sont de plus en plus intégrés dans le suivi, dès l’hospitalisation en soins intensifs.
Des projets pour améliorer les soins
Ces dernières années, l’équipe a également multiplié les initiatives pour améliorer la qualité de vie des patients et des soignants. La prévention du délirium (état confusionnel) est encouragée grâce à un dépistage précoce, à la gestion de la douleur, à l’aménagement des chambres, à la musicothérapie et à des méthodes de stimulation sensorielle. La communication a été renforcée par la mise en place d’un rapport quotidien en présence du patient mais également par des réunions pluridisciplinaires trois fois par semaine, une meilleure information donnée aux familles et la refonte de la brochure d’accueil. Les visites ont elles aussi été adaptées et le service est passé d’horaires très restreints à une plage plus large, actuellement en phase test. Toutes ces initiatives optimisent ainsi la prise en charge des patients et visent à réduire la durée de séjour au sein de l’unité des soins intensifs. Le bien-être du personnel n’est pas en reste
puisque les soignants disposent de nouveaux locaux et d’une organisation de travail en shifts de 12h pour améliorer l’équilibre vie privée / vie professionnelle.
Les soins intensifs en chiffres
15 + 5
L’unité des soins intensifs de la Clinique Saint-Luc Bouge compte 15 lits de soins intensifs et 5 lits en unité de soins postanesthésie (USPA), pour les surveillances courtes.
40+
Plus de 40 infirmiers, aides soignants et soignants spécialisés travaillent au quotidien dans le service, épaulés par 7 médecins réanimateurs.
4 à 5 jours
C’est la durée moyenne d’un séjour en soins intensifs. Certains patients restent moins de 24 h, d’autres plusieurs selon leur état.
3 idées reçues sur les soins intensifs
- «Les soins intensifs, c’est seulement pour les personnes en fin de vie.» FAUX On y soigne surtout des patients en situation fragile (après une grosse opération, un accident, une infection sévère…) afin de stabiliser rapidement les fonctions vitales. La majorité repart ensuite vers un service d’hospitalisation classique pour poursuivre leur convalescence.
- «On ne voit presque pas sa famille.» FAUX Les horaires de visite ont été élargis et la présence des proches est encouragée quand c’est bénéfique. Des plages horaires sont prévues mais adaptables en fonction des besoins du patient et/ou de sa famille après concertation avec l’équipe soignante. Un(e) psychologue accompagne familles et patients pour préparer les visites et répondre aux questions.
- «Tout est géré par les machines.» FAUX Les appareils (respirateurs, monitoring…) assistent les soins, mais l’essentiel reste l’équipe humaine : infirmiers, médecins, kinés, psychologue… Les décisions, l’écoute, le confort et l’information au quotidien sont portés par ces professionnels.