À la Clinique Saint-Luc Bouge, cardiologues interventionnels et chirurgiens cardiaques travaillent en étroite collaboration pour proposer à chaque patient atteint de coronaropathie le traitement le plus adapté.

Les services de cardiologie et de chirurgie cardio-vasculaire de la Clinique constituent l’un des plus importants centres wallons de cardiologie et de chirurgie cardio-vasculaire après le CHU de Liège. En 2025, un peu plus de 1.000 angioplasties coronaires y ont été réalisées et environ 530 patients ont été opérés en chirurgie cardio-vasculaire.

Qu’est-ce qu’une coronaropathie ?

Pour fonctionner correctement, le cœur doit recevoir en permanence de l’oxygène et des nutriments. Cette mission est assurée par les artères coronaires, des vaisseaux qui circulent à la surface du cœur et irriguent le muscle cardiaque.

Avec le temps, des plaques de cholestérol peuvent se former dans ces artères et les rétrécir, voire les obstruer progressivement. C’est ce que l’on appelle une coronaropathie, également appelée cardiopathie ischémique.

Lorsque le calibre d’une artère diminue, l’apport de sang au muscle cardiaque se réduit et celui-ci manque d’oxygène.

On distingue généralement deux formes de maladie coronarienne :

  • une forme stable, qui se manifeste principalement à l’effort : c’est l’angine de poitrine ;
  • une forme instable ou aiguë, qui peut survenir au repos et constitue une urgence vitale : le pré-infarctus ou l’infarctus du myocarde.

Le traitement médical, première étape de la prise en charge

Lorsqu’une coronaropathie est diagnostiquée, le traitement débute très souvent par une prise en charge médicamenteuse.

L’objectif est de soulager les symptômes et de stabiliser la maladie afin d’éviter son aggravation.

Cette prise en charge s’accompagne également d’un contrôle strict des facteurs de risque cardiovasculaire : arrêt du tabac, traitement de l’hypertension, équilibre du diabète, alimentation adaptée, activité physique encadrée et perte de poids.

Lorsque les symptômes persistent ou que les examens mettent en évidence un rétrécissement important des artères coronaires, il peut devenir nécessaire de rétablir une circulation sanguine suffisante vers le cœur.

Deux grandes approches peuvent alors être envisagées : l’angioplastie avec pose de stent ou le pontage coronarien.

L’angioplastie : rouvrir l’artère de l’intérieur

Dans de nombreuses situations, la coronaropathie peut être traitée par angioplastie coronaire.

L’intervention est réalisée par un cardiologue interventionnel, le plus souvent en passant par l’artère radiale au niveau du poignet.

Un fin cathéter est introduit dans l’artère puis guidé jusqu’au cœur. Un ballonnet permet de dilater la zone rétrécie, avant la mise en place d’un stent, un petit ressort métallique destiné à maintenir l’artère ouverte.

Le Dr Laurent Jamart, cardiologue interventionnel à la Clinique Saint-Luc Bouge, souligne :

« L’un des grands avantages de cette technique est son caractère peu invasif. Le patient peut souvent se lever quelques heures après l’intervention et rentrer chez lui le lendemain. La récupération est rapide et ne nécessite généralement pas de passage en soins intensifs. C’est beaucoup moins lourd qu’une chirurgie. »

L’angioplastie reste également le traitement de choix dans l’urgence du syndrome coronarien aigu, notamment en cas d’infarctus.

Des techniques avancées pour les situations complexes

Même les situations plus complexes peuvent être prises en charge en cardiologie interventionnelle.

Lorsque les artères sont très calcifiées, c’est-à-dire durcies, l’équipe dispose notamment de techniques spécifiques comme l’athérectomie rotationnelle, ou Rotablator.

Cette technique consiste à réaliser un fraisage mécanique et progressif du calcium avant de procéder à l’angioplastie et à la pose du stent.

L’équipe peut également recourir à l’imagerie intracoronaire, qui permet de visualiser avec précision l’intérieur de l’artère et d’optimaliser le résultat lorsque cela s’avère nécessaire.

Quand la chirurgie cardiaque devient-elle la meilleure option ?

Toutes les coronaropathies ne peuvent pas être traitées par stent.

Lorsque plusieurs artères sont touchées, lorsque les lésions sont trop complexes ou lorsque le patient présente certaines pathologies, une intervention chirurgicale peut offrir un meilleur résultat à long terme.

Dans ce cas, le patient est adressé au chirurgien cardiaque par le cardiologue.

Le Dr Spiridon Papadatos, chirurgien cardio-vasculaire et thoracique à la Clinique Saint-Luc Bouge, explique :

« Dans certaines situations, multiplier les stents n’est pas toujours la meilleure option, comme par exemple chez les patients diabétiques. Le pontage coronarien peut alors améliorer le pronostic vital. »

Le pontage tout artériel, une particularité de la Clinique Saint-Luc Bouge

À la Clinique Saint-Luc Bouge, les équipes ont recours aux pontages tout artériels.

Contrairement aux pontages traditionnellement réalisés à l’aide de veines prélevées dans les jambes, cette technique consiste à utiliser exclusivement des artères pour contourner les artères coronaires obstruées.

Le Dr Spiridon Papadatos précise :

« À la Clinique Saint-Luc Bouge, nous avons recours aux pontages tout artériels. Un pontage tout artériel est une technique qui consiste à utiliser exclusivement des artères pour contourner les artères coronaires obstruées. Traditionnellement, les pontages sont réalisés à l’aide de veines prélevées dans les jambes. Mais ces greffons veineux offrent de moins bons résultats à moyen et long terme. Ils peuvent se boucher plus rapidement. Nous privilégions donc les artères dont la longévité est meilleure comme les deux artères mammaires. »

En quoi consiste un pontage coronarien ?

Un pontage est une intervention chirurgicale qui consiste à créer une dérivation pour contourner une artère bouchée ou rétrécie.

Le chirurgien prélève un vaisseau sanguin sain ailleurs dans le corps et l’utilise pour créer un « pont » autour de l’obstruction. Le sang peut ainsi à nouveau atteindre correctement le muscle cardiaque.

Dans la plupart des cas, le pontage nécessite une sternotomie, c’est-à-dire une ouverture du sternum.

Des pontages réalisés à cœur battant

Autre particularité de la prise en charge à la Clinique Saint-Luc Bouge : les pontages sont réalisés à cœur battant, c’est-à-dire sans arrêter le cœur.

Selon l’article, cette approche permet de réduire certains risques postopératoires, notamment les complications neurologiques, les besoins en transfusion et les insuffisances rénales.

Dans certains cas bien précis, des techniques chirurgicales mini-invasives peuvent également être proposées.

Stent ou chirurgie : une décision prise en équipe

Il n’existe pas de solution automatique entre angioplastie et chirurgie.

Chaque patient présente une situation différente. L’équipe analyse notamment son âge, son état général, la complexité des lésions, la fonction du cœur, ses antécédents et les risques opératoires.

Pour le Dr Spiridon Papadatos :

« L’enjeu est de proposer au bon patient le bon traitement au bon moment. »

C’est le rôle de la Heart Team, l’« équipe du cœur ».

À la Clinique Saint-Luc Bouge, les dossiers complexes sont discutés chaque semaine entre cardiologues interventionnels et chirurgiens cardiaques.

Cette concertation permet de choisir la stratégie la plus adaptée à chaque situation.

Le Dr Laurent Jamart ajoute :

« Cette collaboration est l’un des grands atouts de notre centre. Elle permet de prendre en charge la majorité des situations sur place, sans devoir adresser systématiquement les patients vers d’autres hôpitaux. »

Pour le patient, cette organisation apporte une garantie importante : son dossier est étudié sous plusieurs angles par différents experts avant la décision finale.

Cette collaboration permet ainsi d’associer rapidité d’intervention, expertise technique, sécurité chirurgicale et accompagnement à long terme.

En cas d’infarctus, chaque minute compte

La Clinique Saint-Luc Bouge assure une garde de cardiologie interventionnelle 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Dès qu’un infarctus est identifié, les protocoles sont activés et l’équipe se mobilise afin de rouvrir l’artère bouchée le plus rapidement possible : entre 60 et 120 minutes.

Cette organisation repose sur une chaîne de soins structurée réunissant urgentistes, SMUR, cardiologues, infirmiers, soins intensifs et unité coronaire.

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