À l’initiative des fédérations hospitalières santhea et Unessa, dix sites hospitaliers publics et privés non-marchands ont finalisé leur bilan carbone avec succès. La Clinique Saint-Luc Bouge en fait partie. Cette démarche volontariste de près d’un an rejoint totalement la politique écoresponsable dans laquelle s’inscrit la Clinique depuis plusieurs années.

Cette initiative pour la Clinique Saint-Luc Bouge de s’engager dans un trajet de décarbonation de ses activités fait écho aux initiatives gouvernementales en la matière, en particulier le plan NEHAP 3 (National Environment-Health Action Plan – Plan d’Action National Environnement Santé), initié par le SPF Santé publique et Environnement.

Identification des leviers pour réduire l’impact carbone

« Nous avons identifié les grands leviers qui pouvaient être activés pour réduire notre impact sur l’environnement. Sur cette base, nous allons maintenant pouvoir mettre en place des actions ciblées, qui peuvent efficacement réduire l’impact carbone de l’institution », rapporte Charles Grisard, chargé de mission des services sous-traités, l’une des chevilles ouvrières du projet.

« Ce bilan carbone nous a permis de réfléchir plus largement à comment consommer les soins de manière raisonnable, raisonnée et responsable », enchaîne Christophe Plompteux, Directeur des achats, services sous-traités et hôtellerie, coordination qualité, RSE, autre cheville ouvrière importante de ce projet. « Quand on consomme des soins, on consomme des matières premières et de l’énergie. On participe donc à la dégradation de l’environnement. Je ne dis pas qu’il faut réduire les soins, mais il faut réfléchir à la manière dont on les preste ou dont on les consomme si l’on se place du côté du patient. Le dialogue avec celui-ci est fondamental ».

Des premières actions concrètes à l’agenda

Selon le consultant NEPSEN, le potentiel de réduction d’émissions de CO2 en milieu hospitalier peut être élevé. Selon lui, une réduction de 80% d’ici à 2050 serait possible. Comment y arriver ? Voici quelques exemples concrets issus du terrain à la Clinique Saint-Luc Bouge.

Charles Grisard rapporte : « Nous avons déjà travaillé sur des actions émanant des tables rondes organisées avec le personnel. Nous avons, par exemple, remplacé les gobelets par des verres réutilisables. Nous n’utilisons plus des corbeilles individuelles, mais des poubelles collectives. Nous sommes en réflexion sur l’utilité de changer quotidiennement les draps et sur le remplacement des bouteilles d’eau en plastique données aux patients par d’autres contenants ».

Et ce n’est pas tout : « Nous avons actuellement mis en place une tournée test en vélo dans le centre-ville de Namur pour récupérer les prélèvements avec la coopérative Coopcyclette. Nous entendons aussi limiter les déplacements des patients en encourageant la téléconsultation et les consultations médicales décentralisées », ajoute Christophe Plompteux.

Les médicaments dans le viseur

Si l’on poursuit dans le concret, on pense directement à l’impact écologique considérable des médicaments. « La pharmacie et les prescripteurs de soins sont des acteurs importants d’un point de vue émissions de carbone. Les médicaments administrés à la Clinique Saint-Luc Bouge représentent un tiers du carbone total lié à l’activité hospitalière. Nous étudions donc les actions à mener pour limiter leur impact comme favoriser des médicaments moins polluants et revoir les habitudes en termes de prescriptions ».

La réflexion est aussi engagée à plus long terme : « Nous travaillons aussi sur un plan pluriannuel environnemental global dans le cadre du Plan stratégique 2025-2030 », relève Christophe Plompteux. Différentes actions sont en réflexion aussi au niveau de l’infrastructure : poser des stores extérieurs pour protéger les chambres du soleil à la place d’augmenter la climatisation, isoler les toitures, relancer un audit énergétique, construire quasi passif, …

« L’énergie est aussi au centre de nos préoccupations. Nous sommes en train de réaliser différentes sources d’économies grâce à des mesures comme le remplacement des éclairages des locaux et des parkings qui représentera un investissement de près des 500.000 euros. Des audits énergétiques et différentes demandes de subsides sont en cours », ajoute encore Christophe Plompteux.

Sensibilisation de tous les acteurs

Pour qu’un maximum de gens adhère aux différentes actions mises en place, il est primordial de leur expliquer le pourquoi : « C’est la raison pour laquelle nous nous attelons à expliquer au personnel pourquoi nous leur demandons de changer leurs pratiques. C’est le principe du ‘change management’. Pour atteindre notre objectif en 2050 de réduction de 80% des gaz à effets de serre, nous allons parfois devoir bousculer leurs habitudes. Pour les y aider, après des formations pilotes en 2024, nous redémarrons en mai des formations mensuelles à destination de nos collaborateurs. Nous allons également sensibiliser les patients dès la mi-avril à l’introduction des repas végétariens au menu », détaille le Directeur achats.

Sans oublier la première ligne : « Avec la médecine générale par exemple, différentes réflexions sont en cours comme un partage d’expérience en matière d’éco-prescription des médicaments, mais aussi au niveau du choix des examens médico-techniques, en matière de gestion des déchets, ou encore d’envoi de protocoles papiers … Beaucoup de belles pistes qui, j’en suis certain, se concrétiseront dans le cadre du plan environnemental global 2025-2030 », conclut Christophe Plompteux.

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