Hostopoly, une campagne originale et concrète contre la violence

 

Cette idée d’affiche a été inspirée par une campagne du Groupe CIF et de la ville de Nantes en France

 

Les professionnels de santé, sur le terrain, sont de plus en plus confrontés à différentes formes de violence (verbales, physiques..) et à un manque de respect.

A la Clinique Saint-Luc Bouge, Sylvie Denis, direction Générale, conseillère en prévention et cheffe du Service interne de Gardiennage, Marie-Agnès Deneyer, Infirmière en chef aux soins Intensifs, Justine Even, adjointe au département infirmier, paramédical et services associés et la cellule communication font le point sur cette problématique qui impacte fortement les institutions hospitalières du pays. « Cette réalité a nourri notre réflexion à toutes et tous. Au quotidien, nous constatons que de nombreuses valeurs se perdent comme le simple fait de dire “bonjour”, “merci”… Toutes ces attentions nourrissent les relations humaines de manière générale mais encore plus dans le soin.»

Face à ce constat, le groupe de travail a voulu rappeler les règles du bien vivre ensemble grâce à une campagne de sensibilisation différente et originale. «La plupart des campagnes mises en place pour lutter contre la violence ont tendance à mettre en évidence le comportement interdit pour informer que celui-ci est inacceptable. Cela véhicule un message négatif et met en avant la violence. Avec notre campagne, notre souhait est de véhiculer un message positif et bienveillant qui interpelle via un jeu de mot. A la 1ère lecture, le lecteur est capté par un début de phrase qui semble être une insulte alors qu’au final la phrase véhicule un message positif».

La vie quotidienne sur le terrain, dans les couloirs, dans les salles d’opérations peut laisser des traces. «Au quotidien, nous subissons tous une pression due à la charge de travail. Il est inutile et délétère de vouloir la reporter sur nos collègues. Nous devons garder à l’esprit que nous travaillons tous pour le patient et rester unis autour de cette mission.» La campagne s’adresse donc aux patients, familles, collaborateurs, personnels soignants: «Nous pouvons toutes et tous bien vivre ensemble au sein de l’hôpital.»

L’impact des comportements violents

Forcément au niveau de la sécurité et du bien-être au travail, tous ces comportements ont un impact psychosocial que les patients ou d’autres acteurs ne perçoivent pas toujours.
«Toutes ces agressions verbales, ces petits comportements du quotidien, usent et vont avoir une incidence sur le bien-être psychosocial de tous les travailleurs. Ils induisent un agacement, une fatigue, un énervement et lorsqu’ils sont répétitifs, peuvent conduire à un sentiment de découragement voir d’épuisement professionnel.»
Ces conséquences, pourtant, peuvent être réduites ou évitées. «Nous voulons cultiver une culture de bienveillance entre collaborateurs, patients, visiteurs. Nous souhaitons conscientiser tout le monde les règles essentielles du bien vire ensemble et sur la part de responsabilité individuelle que nous avons tous.»

Cette démarche de la Clinique Saint-Luc Bouge vient appuyer le plan stratégique «Harmonie» débuté en 2025. Ce plan reprend des valeurs qui sont essentielles comme l’humanité, ensemble, l’excellence, l’audace et la proximité.
L’humanité et ensemble sont le terreau nécessaire au bien vivre. En plus de la violence verbale, depuis quelques années, la violence physique est de plus en plus présente dans les hôpitaux et les services d’urgence. Ce phénomène est d’autant plus présent dans les services d’urgence.
Qui dit service d’urgence dit attente, inquiétude et stress. Ces sentiments accentuent les phénomènes d’agressivité. Face aux délais d’attente qui peuvent parfois être longs, les patients ont parfois le sentiment d’être ou non considérés. C’est souvent à ces moments que les esprits s’échauffent et les voix s’élèvent.

Des slogans très visuels qui interpellent

Des slogans particuliers ont donc été pensés, réfléchis : «Des slogans inhabituels à l’hôpital ont été imaginés. On suggère le début d’un mot grossier ou violent pour détourner en un message positif qui met en avant le comportement attendu. Dans un hôpital de voir, ce type de slogans et des phrases, qui commencent par une injure ou par quelque chose de grossier, n’est pas fréquent. Ils attirent un peu l ‘œil. Détournés, ces mots rappellent l’importance «du bonjour», du vivre ensemble, de ne pas être agressif.

La campagne sera aussi présente dans les salles d’attente des consultations où les patients peuvent avoir des comportements d’agacement. Les proches des patients peuvent aussi être violents verbalement ou physiquement. Leurs comportements inadéquats dans la relation avec les équipes de soins ne sont pas oubliés.»

 

 

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